Panorama sur Aiguilhe

Aiguilhe Animation

Association pour l'animation de la commune d'Aiguilhe

Les moulins à eau de la Borne à Aiguilhe

 

La fête du Printemps de la Borne (*1 ) coïncidait cette année 2008 avec les journées du patrimoine de pays dont le thème était "le moulin".14 juin 2008.
La commune d'Aiguilhe, traversée par la rivière torrentielle la Borne comptait de nombreux moulins à eaux en activité il y a encore un siècle.
Aiguilhe-Animation a donc conçu et réalisé une animation-exposition ( *2 ) sur ce thème : une balade-conférence nous a conduit sur les emplacements de ces moulins le long des biefs du pont d'Estrouilhas au pont des abattoirs.

Historique du moulin à eau

La première mention de l'existence de moulin à eau remonte peu avant l'ère chrétienne sur la côte orientale de l'Adiatique, en Illyrie.
Mais c'est surtout au Moyen-Age avec l'apport de l'arbre à cames que l'utilisation du moulin a pris son essor, sans oublier l'intérêt économique des seigneurs avec l'instauration du droit de banalité prélevé sur tout le blé moulu sur leurs terres dans leur moulin banal.
En fait, le moulin hydraulique fut l'unique moteur de l'industrie (forges, laminoirs, scieries, papeteries,...) jusqu'à l'invention de la machine à vapeur de James Watt au XVIIIème.
L'abandon du moulin date de l'entre-deux guerres.

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Historique des moulins sur Aiguilhe :


1) Dans "La Vie autrefois en Velay" A. Boudon-Lashermes, en 1912, parle de moulins situés sur l'emplacement de la commune actuelle :


Le moulin du Garay
Propriété de la famille Balme, existe encore sur le chemin qui conduit à l'usine à gaz (aujourd'hui EDF) à Ste-Catherine. Il est bâti en moellons et l'on peut encore lire sur une des fenêtres la date de 1691.

Le moulin de Ste Catherine
Au lieu d'être alimenté par le Dolaison comme les [autres moulins du Puy], reçoit les eaux de la Borne par le béal du bois de la Pinède. Il existe encore en-dessous de l'ancien clos St Sébastien appartenanit à la collégiale St-Agrève le 18 sepetembre 1295 et était loué par elle à Antoine Vacher le 15 juin 1396 pour cinq setiers annuels de blé. En 1560, il était possédé par André Dujeune; en 1730 par les religieuses de Ste Catherine de Sienne.

Le moulin des Espaux
Appartenait au XVIème siècle aux d'Asquemye;

Le moulin de la poule blanche
Existe encore comme le précédent. Il est sur le même béal mais à droite du pont d'Aiguilhe en allant vers le Puy. Il était en 1597 propriété de Marguerite d'Orvy, femme de Gaspard d'Avignon.

Le moulin de Salazard
Il est situé "soubz les roc d'Aiguilhe". Guillaume de Chalancon, chanoine, le loua à Thomas Claron, boulanger, le 7 août 1340. Flurien Orvy le possédait au XVIème siècle. Il devint plus tard la propriété de l'hôpital et ses bâtiments furent affectés à la teinture des draps.

Le moulin des Barlières
Sur la Borne, existe encore en partie comme le précédent. Il était bâtit en moellons, servait de moulin municipal à la ville du Puy... et était situé sur l'ancien chemin descendant de la porte St-Robert à la Borne, "jouxte l'enclodz des Jacobins" et le boulevard des Farges.

Le moulin du Prat
Un peu plus loin sur la Borne, vers le Pont-Vieux, au bord de la prairie de la Prévôté (1349)

Le moulin de Courmailh
Il se trouvait encore plus haut, à l'emplacement actuel de la papeterie d'Espaly.

 

Les meuniers
Les meuniers se recrutaient dans les familles SOUVETON, MONBEL, RICHAUME, BLANC (de Vals), CHEVALIER, FABRE, THIOULOUZE, BERNARD, MASSIOT, LAURENT, BOYER.

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3) Dans la Liste des Etablissements Industriels sur Aiguilhe en fin XIXème (Archives Départementales)

Moulins à eau (à moudre)
titre emplacement débit chute puiss. caractéristiques
1872 - Chambon Eulalie
pont d'Estroulhas
796 l/s
1,71 m
10 ch
2 roues turbines pour meules à seigle
1874-1877 - Soulier André puis Roche Pierre
pont d'Estroulhas
840 l/s
1,90 m
10 ch
4 roues turbines : 3 pour le seigle, 1 pour l'orge
1874-1878 - Roche Jean-Baptiste puis son fils
Boleia sur rive droite, terrain de l'Hospice général
615 l/s
2 m
10 ch
4 roues turbines - 3 pour seigle, 1 cylindre pour l'orge
1873-1877 - Gevolite Baptiste puis Astier Victor
Bonneville à 600 m du Puy
570 l/s
1,63 m
6 ch
3 roues turbines , 2 pour seigle, 1 pour l'orge
1873-1877 - Martel Bougiraud Pierre
Bonneville à 600 m du Puy
614 l/s
1,97 m
10 ch
4 roueqs à palettes à rotation horizontale : 3 pour seigle, 1 pour l'orge
1874-1879 - Roche Jacques
Vesseire ( ou Pinède) à 800 m du Puy
900 l/s
1,95 m
8 ch
3 roues turbines

Remarque : Dans le cas de ces six moulins tous sont dits posséder ce débit toute l'année sans qu'aucune crue l'empèche de fonctionner

Établissements divers
titre emplacement débit chute puiss. caractéristiques
1872 - Apprêt de draps et filatures de laine - Hospice général
sur dérivation de la Borne à 100 m du Puy
420 l/s de novembre à mai, 280 l/s de juin à octobre
1,80 m
10 ch
2 roues verticales à aubes, en dehors de la fabrique, l'une pour draps et filature, l'autre pour le foulage
1880 - fabrique de métiers à façon pour le velours (1882 chômage)
à Bonneville à 2 km du Puy
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1877 - Brasserie - Dulac Schwab
au Pont Neuf
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moulin à moudre l'orge mû par un cheval
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Histoires d'eaux

La présence de plusieurs utilisateurs des eaux de la Borne (meuniers mais aussi filatures, paysans, jardiniers et blanchisseuses) a souvent provoqué des conflits entre eux, arbitrés et jugés par l'administration royale puis préfectorale. Voici quelques exemples et pour savourer le style et l'écriture certains écrits sont à disposition en cliquant sur le lien "voir texte".

1826 - Procès-verbal de constatation de l'inondation et de la dégradation d'un terrain du sieur de Bonneville

Sur la demande du sieur Brunel de Bonneville, l'adjoint au maire de la commune d'Eguilhe, François Terrasse, faisant fonction de maire, se déplace sur les lieux et constate que la partie de la prairie appelée le Donjon qui touche à la digue qui sert à l'irrigation des prés de "la planche" a été envahie par les eaux et couverte de sable à cause de la grande hauteur de la digue qui donne à l'eau "une telle intensité, une telle rapidité, qu'elle tourbillonne revient sur elle-même et corrode journellement..." voir texte

1845 - Plainte de Mr Gravier, meunier à l'encontre de Mr Lavastre, meunier

Le meunier Gravier se plaint auprès du Préfet d'un surélèvement d'un barrage sur la Borne par le meunier Lavastre ce qui pertuberait le fonctionnement continuel de ses moulins. Le Préfet demande l'avis de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées. Ce dernier juge en 1846 que la plainte est infondée. voir texte

1847 - Retour de bâton : Plaintes contre Mr Gravier, meunier

Ce même meunier fait l'objet de plaintes deux ans plus tard d'autres meuniers voisins pour avoir à son tour surélevé la digue du moulin de l'Hôpital et l'ingénieur des Ponts et Chaussées demande au Préfet sa condamnation. voir texte

Le 23 Mai 1899, réclamation contre le Sr Martin, malteur au Pont-Neuf

Trois propriétaires au Pont-Neuf, les sieurs Balme, Brédoire et Teyssonneyre réclament à l'encontre du sieur Martin qui a construit une usine et détourné un bief et compte agrandir son usine. Les pétitionnaires pensent que ces constructions risquent de faire refluer l'eau chez eux. Ils insinuent que l'Administration a de la bienveillance et des faiblesses pour le sieur Martin.

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Quelques photos des bâtiments encore existants ou des emplacements des biefs

Cliquer ici pour ouvrir une carte montrant les emplaceùments de ces photos

 

Moulin en aval du pont d'Estroulhas
Entrée amont du bief des moulins
Mécanismes hydrauliques du moulin de l'Hospice
Moulin de Bonneville
L'un des deux moulins sous le pont d'Estroulhas L'entrée du bief alimentant les moulins en aval du Pont Neuf Les restes des mécanismes hydrauliques du moulin des Hospices Canal de fuite et le moulin de Bonneville (dit des scouts)
Prise du bief sur la Borne
Retenue sur la Borne en aval du Pont Neuf avant la prise du bief des moulns (entrée marquée par une flèche) située juste avant le camping d'Aiguilhe.

 

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Principe de fonctionnement du moulin à eau


Le fonctionnement d'un moulin à eau est basé sur l'utilisation de l'énergie transportée par un cours d'eau sur lequel se trouve une forte dénivellation qui fournit la puissance nécessaire pour faire tourner une roue qui entraîne une meule de granit sur une autre maintenue immobile en écrasant les matières dont on désire extraire une poudre (farine,...)ou un liquide (huile,...).

Pour cela le détournement et le captage du cours d'eau à son profit ou même son partage avec d'autres moulins, blanchisseries ou tout simplement son usage pour abreuver le bétail ne peuvent qu'engendrer des conflits (voir exemples).

Afin d'obtenir une puissance maximum, le moulin est installé sur un canal de dérivation du cours d'eau, le bief (ou béal, béalière) ce qui le rend indépendant des autres usagers. Le bief de section réduite aboutit au moulin par une vanne d'alimentation permettant de régler le débit de l'eau sur la roue d'entraînement. A la sortie, le bief se poursuit en retour sur le cours d'eau (vanne de décharge).

A Aiguilhe, le creusement de béals courtcircuitants le méandre de la Borne permettait d'obtenir un débit plus important.

La puissance obtenue est calculée avec la formule :

Puiisance théorique (ch) = débite (l/s) * hauteur de chute (m) * 9,81 / 736

La puissance effective est obtenue en estimant le rendement de l'installation entre 0,5 et 0,6; ce qui est le cas pour les installations ci-dessus.

 

Le principe : un courant d’eau vient frapper les extrémités des rayons d’une roue dont l’axe (ou arbre) entraîne une meule. Selon la situation du moulin, le relief, le débit et la nature du cours d’eau, trois cas peuvent se présenter :

  • La roue peut être horizontale et immergée. Cette conception, est utilisable directement pour mouvoir une meule sans renvoi d’angle. C'est l'ancêtre de la turbine mise au point vers 1825.
    Cette situation correspond aux moulins qui nous occupent sur Aiguilhe comme c'est la majorité des cas dans la partie sud de la France.
  • La roue peut être verticale : deux schémas principaux se présentent alors :
    • Quand le courant arrive horizontalement pour frapper par en-dessous les palettes ou aubes
    • Si l’eau est acheminée par une canalisation aérienne en planches ou goulotte, elle agit par son poids en tombant verticalement sur des augets situés à la circonférence de la roue. Le rendement est supérieur à celui du type précédent.
Roue horizontale à palettes Roue verticale par au-dessus Roue verticale par en-dessous
Roue horizontale Roue verticale alimentée par au-dessus Roue verticale alimentée par en-dessous

 

Principe de fonctionnement du moulin à roue verticale :

Le mouvement de la roue est transmis aux meules par l'intermédiaire du "rouet", pièce en bois massif, dont les grosses dents engrénent les "fuseaux d'une lanterne" Le rouet, fixé à l'arbre de la roue, fait ainsi tourner la lanterne.... et l'axe dela lanterne ou "fer de moulin" ( grosse tige de fer) traverse la meule inférieure fixe (ou dormante) et met en mouvement la meule supérieure (ou tournante) par l'intermédiaire d'une tige métallique perpendiculaire scellée dans la meule, l'anille.

 

  Schéma de principe du moulin à roue verticale

 

Principe de fonctionnement du moulin à roue horizontale :

  • Deux grosses meules de granit d'environ 1,50 m pour une épaisseur de 20 à 40 cm sont percées d'un trou central et sont posées l'une sur l'autre. Elles sont renfermées dans l'arescle (4)
  • La meule inférieure (7) ou gisante est bloquée dans l'enchastre (8)
  • Un arbre en bois transmet la rotation de la roue hydraulique (13) à la meule tournante (6) par l'intermédiaire d'un axe en fer et de l'anille (5)
  • L'arbre par l'intermédiaire d'un axe en fer, repose sur sur un bloc de bronze, la crapaudine, insérée dans un madrier lui-même réglable par une tige à vis sans fin permettant de régler l'intervalle entre les deux meules
  • Le blé est versé dans une trémie (1) par le meunier; Le blé passe par un conduit, l'auget secoué par une pièce à facettes tournant avec l'axe, le babillard; il est écrasé entre les deux meules avant de resortir de l'arescle par la trémie d'échappement pour être recueillie dans la caisse à farine.

 

  1. Trémie
  2. Auget
  3. Babillard
  4. Arescle
  5. Axe en fer et anille
  6. Meule tournante
  7. Meule gisante ou dormante
  8. Enchastre
  9. Support
  10. Plancher
  11. Arbre ou Axe en bois
  12. Axe en fer et crapaudine
  13. Roue motrice horizontale
  14. Madrier ou pontille
  15. Réglage inter-meules
  16. Trémie d'échappement
  17. Caisse à farine
  18. Buse d'arrivée d'eau
  19. Vanne
  20. Conduite d'amenée
Schéma de fonctionnement du moulin à roue horizontale

 

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